Jusqu’où s’enfoncera Facebook ?

Toute dernière révélation (du New York Times) : Facebook a des accords de partenariats avec quatre leaders de l’informatique chinoise !!!

Facebook has data-sharing partnerships with at least four Chinese electronics companies, including a manufacturing giant that has a close relationship with China’s government, the social media company said on Tuesday.

The agreements, which date to at least 2010, gave private access to some user data to Huawei, a telecommunications equipment company that has been flagged by American intelligence officials as a national security threat, as well as to Lenovo, Oppo and TCL.

The four partnerships remain in effect, but Facebook officials said in an interview that the company would wind down the Huawei deal by the end of the week.

Ces accords datent de 2010. Ils ont permis d’accéder à certaines données personnelles, et d’accroître le “business” des partenaires.

Certes, Mark Zuckerberg, convoqué, a dû répondre aux sénateurs américains, et aux députés européens. Il s’est excusé. “J’ai été trompé, abusé” … Mais cette dernière révélation prouve la mise en place depuis le début d’un énorme business sur le dos des utilisateurs, des clients, des consommateurs.

Il est impossible de faire confiance aux grandes entreprises mondiales. Elles se moquent de nos législations, car il leur est facile de jouer avec nos différences étatiques. Leurs profits sont suffisants pour peser plus lourd que nos bons sentiments. Favorisons de nouveaux petits génies prédateurs à leur faire concurrence. 

Zuckerberg, peu convaincant, reste dans le viseur des européens

Après le Sénat américain, où il avait été bousculé, Mark Zuckerberg, Pdg de Facebook, a présenté ses excuses devant les députés européens.

Service minimum. Certes, il a reconnu ne pas avoir tout fait pour empêcher les abus, mais a éludé les questions trop précises, en se limitant, en plus, dans son temps de parole.

Tout ce qu’il faut faire pour ne pas convaincre. Qui peut croire à sa bonne foi, sa volonté de changement. Le business rentable et en développement, est sa seule religion.

Cambridge Analytica victime collatérale de Facebook

Souvenez-vous, le 19 mars (il y a seulement deux semaines), un scandale mondial secouait l’empire Facebook : nos données personnelles étaient exploitées non seulement à des fins commerciales, mais aussi politiques !

Une société britannique, Cambridge Analytica, était le méchant du jour. Facebook faisait mine de découvrir le problème. Ce qui ne convainquait pas les sénateurs américains qui convoquaient Mark Zuckerberg, PDG de FB. Piètre mea culpa …

Mais le 2 mai Cambridge Analytica est obligé de mettre la clé sous la porte. Ils commencent par le Royaume Uni, siège mondial, et les implantations extérieures vont suivre. La perte de confiance de son principal fournisseur, le discrédit de la marque, et le poids de l’indignation mondiale pèsent trop lourd pour survivre.

Quant à Facebook, ils restent sur leur position. “On nous a trompé. Nous renforcerons nos contrôles.” , etc… Petit bémol supplémentaire: les deux fondateurs de WhatsApp, une des applications rachetées par FB, ont quitté, l’un après l’autre, le groupe et le conseil d’administration.

L’histoire est loin d’être à son terme. Facebook vient d’annoncer une toute nouvelle orientation : un retour aux sources. Un vrai demi-tour ! Bien. Pourquoi pas. Mais comme pour Cambridge Analytica il faudra survivre financièrement, et quand la confiance s’est envolée ???

Vers un nouveau Facebook ?

Rappelez-vous …les derniers scandales que FB a provoqué. Optimisation fiscale à tout va, simple conséquence logique des réglementations étatiques concurrentes, et, surtout, surexploitation des données personnelles des amis de FB.

Mark Zuckerberg vient d’annoncer, ce mardi 1er mai, un immense retour aux sources : améliorer, développer les relations via le réseau social. Et, d’ajouter un site de rencontres … pour des relations durables !!! Avec, en prime, l’éloignement du marché des entreprises.

Le retour à l’ordre moral, au politiquement correct, la promesse (!) d’un excellent comportement que le monde entier réclame. “Lachez-moi les baskets, je suis un bon gars” semble être le dernier message du nouveau gentil Mark.

C’est bien de vouloir calmer les sénateurs américains, et quelques états européens. Mais les loups de Wall Street vont être exigeants, très exigeants sur le modèle économique. Sans oublier les salariés de FB qui gagnent près de 45% plus que leurs collègues californiens. La somptueuse machine à cash a besoin de beaucoup, beaucoup de combustibles. Alors ???

Zuckerberg piraté !

Enorme !!! Des pirates ont créé des faux profils au nom de Mark Zuckerberg, le fameux Pdg créateur de Facebook, et de Sheryl Sandberg, la directrice des opérations.

Ces pirates ont envoyé des emails pour annoncer un gain de 750 000 $ à la loterie Facebook. Et, encore plus fort, envoyés via Facebook et Instagram à des personnes sélectionnées (grâce à Facebook) pour leur profil « favorable » à l’escroquerie.

L’enquête a été publiée par le New York Times le 25 avril 2018.

Alors là, bravo aux algorithmes géniaux et à l’intelligence artificielle incapables de protéger les mots “Zuckerberg” et “Sandberg”. Même pas une équipe de stagiaires pour le faire à la main … L’enquête a détecté 205 faux profils. Une paille. Il a fallu plusieurs heures pour supprimer … 96 profils!

Le manque de sérieux va bien finir par se remarquer. Il ne suffit pas d’être assis sur une mine de profits potentiels pour être admiré, encore moins admirable.

Le vers est dans le fruit Facebook

Après le Sénat, c’est devant le Congrès que Mark Z. a dû s’expliquer (le 11 avril 2018) … Déjà très mal à l’aise avec les sénateurs, la veille, il a cédé beaucoup de terrain avec les députés.

Il avait refusé de dire à un sénateur dans quel hôtel il avait dormi … Et puis à une députée, il a reconnu que son compte avait été utilisé dans le scandale Cambridge Analytica !

Et , c’est une obligation qu’il accepte par avance : « Je pense inévitable une certaine forme de régulation. »

Comme la conclusion de la convocation du Sénat le présageait, il y avait avant, … mais maintenant c’est après.

Non seulement Facebook devra accepter un encadrement, ou pour le moins s’auto-contrôler, mais à l’évidence Mark Zuckerberg ne pourra plus être le patron de droit divin, rôle qu’il s’était octroyé. Entre les hommes politiques, les Etats, et surtout les financiers il va devoir composer. Moins d’arrogance, plus de réalisme, telle doit être sa nouvelle ligne directrice.

la Une du Figaro du 12 avril 2018