Zuckerberg, peu convaincant, reste dans le viseur des européens

Après le Sénat américain, où il avait été bousculé, Mark Zuckerberg, Pdg de Facebook, a présenté ses excuses devant les députés européens.

Service minimum. Certes, il a reconnu ne pas avoir tout fait pour empêcher les abus, mais a éludé les questions trop précises, en se limitant, en plus, dans son temps de parole.

Tout ce qu’il faut faire pour ne pas convaincre. Qui peut croire à sa bonne foi, sa volonté de changement. Le business rentable et en développement, est sa seule religion.

Cambridge Analytica victime collatérale de Facebook

Souvenez-vous, le 19 mars (il y a seulement deux semaines), un scandale mondial secouait l’empire Facebook : nos données personnelles étaient exploitées non seulement à des fins commerciales, mais aussi politiques !

Une société britannique, Cambridge Analytica, était le méchant du jour. Facebook faisait mine de découvrir le problème. Ce qui ne convainquait pas les sénateurs américains qui convoquaient Mark Zuckerberg, PDG de FB. Piètre mea culpa …

Mais le 2 mai Cambridge Analytica est obligé de mettre la clé sous la porte. Ils commencent par le Royaume Uni, siège mondial, et les implantations extérieures vont suivre. La perte de confiance de son principal fournisseur, le discrédit de la marque, et le poids de l’indignation mondiale pèsent trop lourd pour survivre.

Quant à Facebook, ils restent sur leur position. “On nous a trompé. Nous renforcerons nos contrôles.” , etc… Petit bémol supplémentaire: les deux fondateurs de WhatsApp, une des applications rachetées par FB, ont quitté, l’un après l’autre, le groupe et le conseil d’administration.

L’histoire est loin d’être à son terme. Facebook vient d’annoncer une toute nouvelle orientation : un retour aux sources. Un vrai demi-tour ! Bien. Pourquoi pas. Mais comme pour Cambridge Analytica il faudra survivre financièrement, et quand la confiance s’est envolée ???

Vers un nouveau Facebook ?

Rappelez-vous …les derniers scandales que FB a provoqué. Optimisation fiscale à tout va, simple conséquence logique des réglementations étatiques concurrentes, et, surtout, surexploitation des données personnelles des amis de FB.

Mark Zuckerberg vient d’annoncer, ce mardi 1er mai, un immense retour aux sources : améliorer, développer les relations via le réseau social. Et, d’ajouter un site de rencontres … pour des relations durables !!! Avec, en prime, l’éloignement du marché des entreprises.

Le retour à l’ordre moral, au politiquement correct, la promesse (!) d’un excellent comportement que le monde entier réclame. “Lachez-moi les baskets, je suis un bon gars” semble être le dernier message du nouveau gentil Mark.

C’est bien de vouloir calmer les sénateurs américains, et quelques états européens. Mais les loups de Wall Street vont être exigeants, très exigeants sur le modèle économique. Sans oublier les salariés de FB qui gagnent près de 45% plus que leurs collègues californiens. La somptueuse machine à cash a besoin de beaucoup, beaucoup de combustibles. Alors ???

Zuckerberg piraté !

Enorme !!! Des pirates ont créé des faux profils au nom de Mark Zuckerberg, le fameux Pdg créateur de Facebook, et de Sheryl Sandberg, la directrice des opérations.

Ces pirates ont envoyé des emails pour annoncer un gain de 750 000 $ à la loterie Facebook. Et, encore plus fort, envoyés via Facebook et Instagram à des personnes sélectionnées (grâce à Facebook) pour leur profil « favorable » à l’escroquerie.

L’enquête a été publiée par le New York Times le 25 avril 2018.

Alors là, bravo aux algorithmes géniaux et à l’intelligence artificielle incapables de protéger les mots “Zuckerberg” et “Sandberg”. Même pas une équipe de stagiaires pour le faire à la main … L’enquête a détecté 205 faux profils. Une paille. Il a fallu plusieurs heures pour supprimer … 96 profils!

Le manque de sérieux va bien finir par se remarquer. Il ne suffit pas d’être assis sur une mine de profits potentiels pour être admiré, encore moins admirable.

Le vers est dans le fruit Facebook

Après le Sénat, c’est devant le Congrès que Mark Z. a dû s’expliquer (le 11 avril 2018) … Déjà très mal à l’aise avec les sénateurs, la veille, il a cédé beaucoup de terrain avec les députés.

Il avait refusé de dire à un sénateur dans quel hôtel il avait dormi … Et puis à une députée, il a reconnu que son compte avait été utilisé dans le scandale Cambridge Analytica !

Et , c’est une obligation qu’il accepte par avance : « Je pense inévitable une certaine forme de régulation. »

Comme la conclusion de la convocation du Sénat le présageait, il y avait avant, … mais maintenant c’est après.

Non seulement Facebook devra accepter un encadrement, ou pour le moins s’auto-contrôler, mais à l’évidence Mark Zuckerberg ne pourra plus être le patron de droit divin, rôle qu’il s’était octroyé. Entre les hommes politiques, les Etats, et surtout les financiers il va devoir composer. Moins d’arrogance, plus de réalisme, telle doit être sa nouvelle ligne directrice.

la Une du Figaro du 12 avril 2018

216 milliards de dollars, le coût des bêtises de M.Z.

216 milliards de dollars c’est le montant évaporé en quatre jours du fait des bêtises (lire les excuses) de Mark Zuckerberg ! Faute avouée à moitié pardonnée … 216 milliards !!!

Les copains doivent apprécier.

Quelques comparaisons pour situer l’ampleur des réels problèmes :
– Google a perdu la moitié de la valeur de LVMH,
– Apple celle de Vinci,
– Facebook un peu plus que celle du Groupe AXA,
– Amazon celle de Valeo,
et Microsoft celle du Crédit Agricole.

Bien évidemment, les sceptiques expliqueront que ça monte, puis ça descend, et que … Certes, mais hors les (petits) problèmes financiers qui en découlent, maintenant les Etats, qui courrent après leurs impôts et taxes, ont une obligation ( et enfin une possibilité) de légiférer pour ne pas laisser faire n’importe quoi avec les big data. Nous sommes entrés par la grande porte dans un nouveau rapport de forces.

D’ailleurs, ces géants avaient été contraints depuis longtemps de négocier avec certains pays : la Chine, notamment, qui est non seulement le futur plus grand marché de consommateurs, et le vrai concurrent technologique des Etats-Unis.

In God we trust, disent les américains. Oui, il n’y a bien qu’à lui que l’on peut faire confiance. Pour les autres il faut les lois.

 

le 28 mars 2018Empêtré dans un scandale après la révélation de la fuite des données de 50 millions d’utilisateurs, Facebook diffère la présentation de ses enceintes connectées, puissants outils de collectes de données.
sur une semaine, le titre a dévissé de 15,3%, soit -81,72 milliards de dollars …

le 2 avril 2018 … Facebook aura probablement besoin de “quelques années” pour résoudre les problèmes dévoilés par le scandale sur sa protection défaillante des données personnelles, a déclaré le patron du puissant réseau social, Mark Zuckerberg, dans un entretien publié lundi. Mark Zuckerberg a également défendu le modèle économique de l’entreprise et rétorqué aux critiques adressées à Facebook par le PDG d’Apple, Tim Cook, la semaine dernière.

le 3 avril 2018  73 % des lecteurs de zdnet.fr jugent qu’il est temps de partir, et suivent le conseil de Brian Acton, le co-fondateur de WhatsApp. “Il est temps. #deletefacebook.” avait-il publié sur Twitter la semaine dernière. Un hashtag devenu depuis très populaire.

4 avril 2018  La firme a présenté ses excuses, mardi 3 avril, pour le « désagrément » subi par les internautes. Au site Techcrunch, un porte-parole a expliqué : « Nous avons découvert un problème technique qui empêchait les brouillons de vidéos d’être supprimés. Nous les supprimons actuellement. »

4 avril 2018  Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, va témoigner devant la Commission de l’Energie et du Commerce de la Chambre des représentants aux États-Unis. Selon un communiqué de l’institution, l’audition doit se tenir à 11 avril prochain. Le fondateur du réseau social est convoqué dans le cadre de l’enquête autour du scandale Cambridge Analytica.

6 avril 2018  Le réseau social a indiqué à la Commission européenne que les données personnelles de 2,7 millions de résident de l’UE ont pu être aspirées par la société au coeur du scandale.

9 avril 2018  Après Elon Musk, qui avait supprimé les comptes de Tesla et SpaceX, c’est le co-fondateur d’Apple, Steve Wozniak, qui quitte Facebook. Le mouvement #DeleFacebook continue sa progression !

10 avril Impressionnant le mea culpa de MZ, complètement coincé derrière sa cravate. Pas de révélations, seulement la promesse que FB fera maintenant très attention ! Quant au Sénat il a marqué un grand point : il y avait avant, et maintenant il y a après … Fin de cet épisode.